Ma vie tourne un peu autour de cette musique, son mouvement, et ses idées : le punk. Le punk et tous ses dérivés, le punk, son histoire, ses icônes et ses traîtres.
Je l'ai découvert de façon bien misérable : sur MTV, devant un clip de Blink 182, comme tout gosse n'ayant pas encore d'esprit critique ni de culture musicale. Après m'être rendu compte que j'écoutais du pseudo-punk, du formaté, je suis peu à peu remonté dans le temps, cherchant toujours de nouvelles découvertes car je suis passionné de musique. Et ainsi j'ai découvert après plusieurs années le punk, le vrai, celui qui a marqué plusieurs générations et qui continuera. Les Sex Pistols, The Clash, les Ramones, jusqu'à Bad Religion et Minor Threat ou encore les Dead Kennedys et les Misfits un peu plus tard.
Le punk qu'est-ce que c'est ? C'est un état d'esprit, pas un patch qu'on pose naïvement sur son Eastpak. Un état d'esprit qui consiste à penser par soi-même, à rejeter le conformisme, mais aussi d'autres saloperies comme le racisme, le nazisme et le fascisme. Et avant tout, être libre. Le punk représente pour moi une unité, mais aussi l'individualisme (voilà ce que le punk a de contradictoire).
Ce mouvement a pris naissance aux alentours de 1976, en Angleterre, principalement à Londres et à Manchester, grâce aux influences de la scène rock américaine des années 60-70 (Television, Ramones, MC5, The Stooges...). Le gouvernement conservateur de l'époque laisse une génération dans le chaos, des jeunes qui ne connaissent que le chômage et la misère. Les Sex Pistols seront le premier groupe de la scène punk britannique, leur agressivité scénique et leur "No Future" scandé pendant leurs concerts influencera énormément de groupes : The Clash, les Buzzcocks, The Damned, etc...
La musique punk est agressive, rapide, le plus souvent hargneuse, et basique (les musiciens n'étant pas des virtuoses, voire même des débutants comme Sid Vicious qui ne savait pas jouer de basse en rejoignant les Sex Pistols).
Le punk aura connu son lot de leaders charismatiques ou d'icônes de jeunesse: on pense notamment à Sid Vicious (qui aura suivi à la lettre le leitmotiv punk, "Vivre vite,mourir jeune"), mais aussi à Joe Strummer de The Clash, décédé depuis peu, Joey Ramone (R.I.P.), John Lydon des Sex Pistols, et aussi Ian McKaye de Minor Threat et Jello Biafra des Dead Kennedys pour le punk outre-Atlantique.
Cette génération laissée dans l'ombre, ses idées et sa musique auront gagné les Etats-Unis, et, dans toute l'histoire du punk, des dérivés firent leurs apparitions :
- le punk hardcore : popularisé en partie par le mouvement straight edge des Etats-Unis des années 80 (voir article suivant), le punk hardcore amplifie le son agressif du punk (rythmes rapides, paroles éructées, répétition des accords basiques à la guitare). On pense directement à Minor Threat, aux Misfits, aux Dead Kennedys, à Circle Jerk, aux Bad Brains jusqu'à Refused ou même AFI plus récemment (beaucoup de groupes straight edge à partir de la moitié des années 80).
- la oï : née du mouvement skinhead des années 60-70 en Angleterre, la oï est caractérisée par un côté basique sans précédent, des paroles plus politisées et moins nihilistes, un son brouillon et des refrains accrocheurs (Sham 69, Cock Sparrer, Cockney Rejects etc...). Le style serait influencé par le premier album de The Clash. Pour certains, il s'agit du VRAI punk.
- le ska-punk : sans doute grâce à The Clash que ces deux styles peuvent cohabiter... maintenant dominée par des groupes comme Mad Caddies, Catch 22 ou Less Than Jake, cette fusion de deux genres pourtant bien différents musicalement met en avant la présence de cuivres sur une musique punk (la plupart du temps mélodique) pour un rendu généralement festif, ou marie simplement le son du punk avec la rythmique en contre-temps du ska.
- le street punk : le "punk de la rue" flirte très souvent avec la oï. La rythmique est plus hardcore, le chant est presque gueulé mais l'ensemble reste plus mélodique et agressif que de la oï (The Exploited, Rancid, Chaos UK, The Casualties, etc...).
- le punk mélodique : comme son nom l'indique, c'est du punk, mais plus travaillé qu'à l'origine. De très bons groupes comme Bad Religion, No Use For a Name, Propagandhi, Dag Nasty, et j'en passe, méritent l'étiquette punk. D'autres, exagérément mélodiques, comme Millencolin, ont contribué à cette étiquette agaçante qu'on pose sur de plus en plus de groupes par fainéantise: l'étiquette "skate-punk". A quand le VTT-core ?
- le pop-punk : le pop-punk est aujourd'hui très critiqué, et souvent mal perçu. Dans ce style très "tendance" actuellement, on peut regretter les créateurs de ce style (bizarrement méconnus des jeunes apprentis poseurs), comme les Descendents. Maintenant, mis à part quelques groupes comme New Found Glory, Lagwagon, The Ataris ou encore Rufio, ce genre de punk est mis en avant pour faire vendre. En effet, Sum 41 n'a rien à voir avec les Sex Pistols, tout comme Simple Plan n'a aucune ressemblance avec The Clash. Tout ça n'est rien que de la traîtrise, un autre plan manigancé par les majors : vendre, vendre, vendre... Ce style n'est donc qu'une étiquette bien axée marketing, à part les vrais groupes underground qui subsistent, le pop-punk d'aujourd'hui n'ayant fait que troquer les épingles à nourrice pour les skates dans l'esprit des jeunes... Bravo MTV.
- le horror punk : le horror-punk (à ne surtout pas confondre avec le psychobilly, proche au niveau des ambiances), est un style peu représenté, très underground, popularisé par les Misfits. La musique est tout ce qu'il y a de plus punk, ou punk hardcore, mais avec en plus le côté horrifique propre à ce style. Le horror punk privilégie les paroles basées sur l'humour noir, l'imagerie macabre, et un goût très prononcé pour les créatures étranges et la cryptozoologie, et autres ambiances Halloween. Parmi ces groupes, on peut noter Samhain, Blitzkid, Nasties, Nuke and The Living Dead ou encore Balzac (voir article page 3).
En conclusion, le punk n'est pas mort, il vivra toujours. Cet esprit arrogant et libertaire sera toujours là à travers les âges. Son image est malheureusement en déclin, mais après tout, j'emmerde MTV, et je me dis que les bons groupes sont derrière nous, ou alors dans les scènes underground et indépendante.
Je ne me revendique pas punk, je sais qu'il y'a énormément de déclinaisons de l'esprit punk, je pense que ce n'est pas à moi de juger si je le suis ou pas. Il est vrai qu'il y a des grandes différences entre un redskin et un straight edge ; entre le nihilisme, l'humanisme et la rébellion.
Dans le fond, y'a-t-il un règlement punk ? A part cracher sur ce que l'on nous impose, ne pas avoir de motivations lucratives (surtout dans la musique), donc par conséquent être indépendant et faire ce que la liberté nous offre, je ne vois pas... En tout cas le punk est ma passion, le punk est ma vie.
Et puis, comme le disait John Lydon, "Ceux qui se prétendent le plus punk sont ceux qui le sont le moins." ...